top of page

CAN 2023 : Spécial Côte d'Ivoire

Dernière mise à jour : 25 janv. 2025

« Mais passe en seconde, maintenant. », hurlent sur de jeunes apprentis-chauffeurs des moniteurs d’école. Qui n’ont d’éducateurs que l’allure et pas autre chose.

Hier, face à une Zambie ultra-regroupée devant son but, Jean-Philippe Krasso et la Côte d’Ivoire ont passé la seconde (2-0). Retour sur cette 1ère journée de la phase de groupes ; comptant pour les éliminatoires de la CAN 2025.

FACE À LA ZAMBIE, LA CÔTE D’IVOIRE PASSE LA SECONDE (MI-TEMPS)
Friendly reminder. ©Le Grouilleur 3.0
REVOIR LA CÔTE D’IVOIRE À BOUAKÉ ET MOURIR EN PAIX

« Tu es à Bouaké ? », amicale tentative désespérée de vieux amis qui ont faim de retrouvailles. Avec le bruit des bières qui résonnent dans « un petit coin » ou plutôt un maquis.

Ce vendredi 6 septembre, c’étaient les retrouvailles entre la Côte d’Ivoire et la Zambie ; qui l’avait battue en finale de la CAN 2012.

Un traumatisme national dont on peut en parler aujourd’hui ; sourire aux lèvres.



Commencé avec quelques minutes de retard par rapport à l’horaire officiel, 19h GMT, ce Côte d’Ivoire/Zambie se dispute dans une ambiance festive au bon souvenir de l’exploit réalisé face au Mali à 10 contre 11.



Confisquant le ballon au point de frôler les 70% à la mi-temps, les Ivoiriens sont disposés dans un système hybride qui varie entre un 3-5-2 et un 4-2-1-3. Avec un embouteillage sur le côté droit entre Hamad Wilfried Singo, Hamad Diallo et surtout Oumar Diakité ; qui colle la ligne. La ligne, Hamad Diallo l’aura lui aussi cherchée. Sa première mi-temps, il l’aura aussi passée à essayer de retrouver sa mécanique de jeu mancunienne en se déportant vers la droite ; soit pour s’appuyer sur un joueur ou alors pour décrocher une frappe enroulée du gauche qui terminera sa course dans le petit filet opposé.

Côté gauche, si Simon Adingra a multiplié les exploits individuels, comme s’il savait que son frileux entraîneur – qui ne le titularise que très peu - avait récupéré un lien dans un groupe Telegram pour suivre la rencontre, Christopher Opéri, peut-être happé par les actions individuelles de son coéquipier, laisse des boulevards derrière. Heureusement que le ministre de la défense Evan Ndicka a colmaté les brèches (20ème et 21ème).


LES ÉLÉPHANTS DE LA CÔTE D’IVOIRE BUTENT SUR LES BUTS

De l’autre côté, devant les buts, les maladresses se multiplient.

31ème minute de jeu. À peine remis d’une bousculade dans la surface zambienne, Hamad Diallo manque sa reprise et expédie le ballon au-dessus des buts adverses.

Relevé par un coéquipier, le mancunien « présente » des excuses au public qu’il sait impatient et prompt à critiquer. Huit minutes plus tard, nouvelle occasion.

Cette fois-ci, c’est la remise d’Oumar Diakité qui se transforme en centre-tir avant que le portier zambien, Lawrence Mulenga ne le détourne. Toujours 0 à 0 au tableau d’affichage. La tentative de Ndicka sur un corner (42ème minute) vient s’ajouter aux occasions manquées. C’est ainsi que les deux équipes se séparent à la mi-temps sur un score nul et vierge.

 

JEAN-PHILIPPE KRASSO ET LA CÔTE D’IVOIRE PASSENT LA SECONDE (MI-TEMPS)

La seconde mi-temps ressemble trait pour trait - ou presque - à la première mi-temps.

58ème minute de jeu. Christopher Opéri trouve Oumar Diakité copie/colle l’action ratée par Hamad Diallo et envoie le ballon au-dessus à son tour. La minute qui suit Jean-Michaël Seri manque de réussir sa traditionnelle perte de balle, qui aurait fait jaser alors qu’il a réalisé un match propre/net/sans bavures. Mais la faute généreusement sifflée par l’arbitre M. Mustapha Ghorbal le sauve.

FACE À LA ZAMBIE, LA CÔTE D’IVOIRE PASSE LA SECONDE (MI-TEMPS)
Chic épisode de la Seri. ©Tous droits réservés

La suite ? Deux entrées qui changent complètement la donne avec particulièrement de la vitesse dans les transmissions et de la spontanéité dans les prises de décision.

D’abord le natif de la ville, Bénie Traoré à la 70ème minute de jeu et surtout dans la minute qui suit : Jean-Philippe Krasso ; affectueusement surnommé par des internautes : « le mari de Madame Krasso ».

Ayant pu réaliser « une bonne préparation », selon Coach Faé interrogé par Malick Traoré, le nouveau joueur du Paris FC se signale deux minutes à peine après son entrée en jeu.

73ème minute de jeu. Simon Adingra lève la tête et lâche le ballon pour trouver Jean-Philippe Krasso.

Placé à l’orée d’une forêt de jambes zambiennes, le fessu avant-centre se déplace, trouve un angle de tir finalement avant de fusiller Lawrence Mulenga.


FACE À LA ZAMBIE, LA CÔTE D’IVOIRE PASSE LA SECONDE (MI-TEMPS)
Quelqu'un qui a marqué quand tu vois tu sais. ©Tous droits réservés

Onze minutes plus tard, on prend le même qui recommence. Bien servi par Bénie Traoré, qui rendra hommage à son père décédé à la télévision, le buteur ivoirien en profite pour réaliser un doublé ; avec une puissante frappe sous la barre. Côte d’Ivoire 2 – Zambie 0.

De ce match, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est que le jeu collectif ivoirien laissant toujours autant à désirer oblige certaines individualités à endosser le rôle de sauveur de la Nation, alors que Debordo Opah La Nation est là.



Et la bonne nouvelle est la suivante : la Côte d’Ivoire est capable de faire la différence en jouant simple. Inutile de lui crier dessus : « Mais passe en seconde, maintenant. »



« […] La chose la plus difficile que nous ayons, c’est que nous étions seuls, s’exclame Max-Alain Gradel, face à notre destin. Nous étions pris entre le choc de la défaite [4 à 0 contre la Guinée équatoriale] et celui de la colère de nos supporters. En dehors de nos familles, tout le monde nous avait tourné le dos. Plus personne ne cherchait à nous rencontrer, à nous appeler où même à prendre de nos nouvelles. M. Idriss Diallo nous demandait de garder la foi, de s’accrocher à la petite lueur d’espoir, de qualification qui existait.  […] » Extrait du discours solennel prononcé par le capitaine des Éléphants de Côte d’Ivoire, néo-champions d’Afrique depuis le 11 février dernier.

Des supporters, des internautes, beaucoup de personnes se sont alors familièrement demandé : « C’est quel discours Gradel est en train d’envoyer là ? » Ou plus simplement : « C’est quelle discorde il est en train de créer là ? »



Alors que d’autres se demandaient encore : «  Qui a mis huile sur riz de Zaha ? », certains souhaitent savoir : « Qui a écrit le discours ? » Comment l’expérimenté capitaine de la Séléphanto a pu s’adresser ainsi à des compatriotes qui ont souvent remué ciel et terre pour pouvoir obtenir un ticket ?


Et si depuis il a présenté des excuses à ceux qu’il a offensés, l’histoire retiendra qu’il a d’abord envoyé discours. Plus de détails, par ici.


CAN 2023 : ET MAX-ALAIN GRADEL ENVOYA DISCOURS
Vraie question. Tous droits réservés

LA CAN 2023 EN POCHE, QUI VA ENVOYER DISCOURS MAINTENANT ?

L’horloge du stade Ebimpé, plein à craquer, avec ces marches sur lesquelles des spectateurs se sont assis faute de place, affiche 21 heures et 58 minutes quand M. Dahane Bedia, l’arbitre de cette finale Nigéria – Côte d’Ivoire siffle enfin la fin de la rencontre. Le stade Alassane Ouattara, ou « Stado » pour les initiés, explose.

On se saute dans les bras, se congratule, se fait des atou[1]. Tout le monde, il est heureux !


Une fois, l’étape du pèlerinage retour passée, avec son lot d’embouteillages pour la plupart, moins pénibles à supporter avec le goût mielleux de la victoire en bouche, une fois Ebimpé derrière, certains ayant préféré le bus retrouvent leur voiture garée au point de ralliement. Avant d’y aller, d’autres se restaurent, boivent, discutent, débriefent. Dans ce fast-food situé quelque part à la Palmeraie, et sa décoration façon restaurant américain avec ses sièges qui font face à une cuisine américaine, et son propriétaire un peu trop sur les nerfs, personne ne réalise encore ce qu’il a vécu : les Éléphants de Côte d’Ivoire, au bord de l’élimination, sont champions d’Afrique. Alors forcément, ça descend en coup du marteau ; hymne officieux de la CAN 2023 depuis devenu hymne à la joie.



Trompettes et klaxons de voitures qui roulent à une certaine allure ramènent de temps à autre tous ces doux rêveurs sur terre. Idem pour ces jeunes hommes surexcités qui parlent à voix haute, mélangent onomatopées et cris de guerre. Si fort qu’on n’entend plus le crépitement des morceaux de charbon qui braisent les derniers poissons et poulets commandés par des retardataires dont le ventre crie famine.

Ce soir, personne n’envoie discours. Ce soir, Abidjan célèbre ces champions d’Afrique.  Finis les palabres, bonjour la paix. Enfin ça, c’était avant que Max-Alain Gradel ne s’exprime de cette manière.




APRÈS LA CAN 2023, AINSI PARLA MAX-ALAIN GRADEL

CAN 2023 : ET MAX-ALAIN GRADEL ENVOYA DISCOURS
Voilà discours maintenant. Tous droits réservés

Le plus dérangeant dans le discours prononcé par Max-Alain Gradel démarré par des salutations « en vos rangs, grades et qualités », avant la citation d’un proverbe japonais, ce n’est pas tellement qu’il en fait un. Mais c’est plutôt son contenu et les personnes visées.


Comment peut-on autant nier le dévouement de personnes qui ont tout fait pour aller les supporter ? Quitte à se lever pour acheter ticket de 5 000 à 99 millions, après avoir fait le pied de grue devant un bureau de la Poste.





Quitte à partir en bus, en convoi ou encore même dans de véhicules de parfaits inconnus, contre rémunération bien sûr (25 000 francs CFA parfois) qui n’avaient d’autre que comme identité : celle de supporter de la Côte d’Ivoire.



Que ce soit au stade Charles Konan Banny, à Yamoussoukro où nous étions un peu plus de 19 000 personnes ou encore au stade de la Paix, à Bouaké, où il y avait 39 836 spectateurs qui ont assisté au second miracle ivoirien ou plus récemment où 51 020 spectateurs ont vu la Côte d’Ivoire composter son ticket pour la CAN 2023, avec toutes « Les 9900 là même, ça suffisait pas ! », a admis ce chauffeur VTC qui ce fameux-là, ce mercredi 7 février, était parmi les victimes impuissantes sur l’échangeur Y4.


Pour rappel, il s’agit d’une voie de contournement d’Abidjan qui part notamment de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny jusqu’à Ebimpé. Cimetière des Éléphants autrefois depuis redevenue depuis « terre d’espérance avec ces légions remplies de vaillance qui ont relevé sa dignité ».



Comment Max-Alain Gradel a-t-il pour oublier ces laissés pour compte, ces fans qui faute de ticket ont opté pour des fans zone ou plutôt le salon pour regarder leurs pachydermes préférés ?

Comment a-t-il pu autant taper poteau, se tromper ? Aux dernières nouvelles, ce ne seraient pas ses propos mais plutôt ceux de quelqu’un qui chercherait à se faire apprécier par l’opinion publique. CQFD.

L’EAU VERSÉE PAR TERRE, MAX-ALAIN GRADEL ESSAYE DE LA RAMASSER

Depuis son discours au palais présidentiel, le numéro 15 des Éléphants, remplaçant au début de la compétition et titulaire depuis la prise en main d’Emerse Faé et Guy Demel, a présenté des excuses :

- sur son compte Facebook,



- mais aussi sur le plateau de la Radiotélévision Ivoirienne ou RTI.

« Effectivement, je pense que concernant ça, répond à la question du journaliste sur le soutien des supporters, lors de mon discours à la Présidence…mon discours était plus accentué sur le soir où est-ce qu’on avait perdu 4 – 0, où je disais qu’on s’est senti seul. Mais ça ne reflète pas la mobilisation de tout le peuple parce que ça s’est vu même après chaque match. J’ai pas manqué de souligner l’apport du peuple, des supporters… »

Avant de poursuivre : « Effectivement donc pour dire que si mes propos n’ont pas plu, ont été mal interprétés, je présente mes excuses. Mais je pense que ça faisait juste allusion à la soirée qu’on a vécue et ce qui est tout à fait normal : le peuple n’était pas content. Mais franchement, on a senti que c’était la meilleure CAN ! Parce que tout le peuple s’est levé. Et même pour le match contre le Mali, je n’ai pas manqué de dire : " On était à dix, on n’a pas senti qu’on était dix. Parce que le peuple s’est levé…ʺ […] Vraiment merci à toute la Côte d’Ivoire. »



Nous aussi, nous nous sommes sentis seuls sur le chemin retour après mise par la Guinée équatoriale et Emilio Nsué, qui a révélé les raisons de sa récente exclusion, quand les navettes spéciales qui desservent peu de quartiers étaient prises d’assaut, quand le gaz lacrymogène utilisé pour disperser des jeunes gens en colère piquait les yeux, quand il a fallu courir pour éviter de se faire charger par cette même foule fâchée, etc.



Nous nous sommes sentis seuls, aussi. Mais ce n’est rien, absolument rien par rapport à cette maman qui a perdu son fils ce même soir-là.



Après que la vidéo soit devenue virale, elle a donc reçu la visite de Max-Alain Gradel, qui avait déjà tendu la main à un jeune vendeur d’eau dont le combat quotidien pour s’en sortir avait ému la toile et Brut.



À quelque chose malheur est bon.


Dommage que Max-Alain Gradel ait d’abord envoyé discours : « […] La chose la plus difficile que nous ayons, c’est que nous étions seuls, s’exclame Max-Alain Gradel, face à notre destin. Nous étions pris entre le choc de la défaite [4 à 0 contre la Guinée équatoriale] et celui de la colère de nos supporters. En dehors de nos familles, tout le monde nous avait tourné le dos. Plus personne ne cherchait à nous rencontrer, à nous appeler où même à prendre de nos nouvelles. M. Idriss Diallo nous demandait de garder la foi, de s’accrocher à la petite lueur d’espoir, de qualification qui existait.  […] »



[1] Accolade.

Dernière mise à jour : 7 avr. 2024

« Pour avoir nourriture aussi, c’est comme ticket. », plaisante ce monsieur chauve vêtu d’un maillot Orange ; celui des Éléphants de Côte d’Ivoire en attendant que sa commande soit prise. Il fait partie des élus, « des enfants préférés de Dieu » : ceux qui ont eu la chance de faire partie des 57 094 spectateurs présents au stade Alassane Ouattara avec cette billetterie plus aléatoire que la loterie.

Alors forcément, il sait de quoi il parle. Il fallait y être au « Stado » (contraction de Stade et Alassane Ouattara) ce dimanche 11 février 2024. Ce jour où la Côte d’Ivoire a décroché une nouvelle étoile, après remporté la guerre de trois. Jour de fête.



AVANT QUE LA CÔTE D’IVOIRE NE JOUE, LES NERFS SONT TENDUS

La très mauvaise expérience que certains ont vécue, avec la demi-finale Côte d’Ivoire – République Démocratique du Congo suivie depuis leur véhicule coincé dans des embouteillages monstres & (bonne) Cie, a servi de leçon à d’autres.


Ceux qui ont décidé – comme nous – d’emprunter un car plutôt que de se rendre avec sa voiture. L’homme prudent voit le mal de loin.



Au loin, une fois le trajet express effectué, on aperçoit le stade olympique d’Ebimpé et surtout les premiers spectateurs qui viennent par vagues, par packs de six, huit, etc. Histoire de déverser une marée Orange sur le Nigeria. Orange Is The New Black. 



EAU SECOURS

Premiers arrivés, premiers servis par des jeunes hommes et femmes débordés par les commandes. Très vite, dans les différents points de vente épousant la forme circulaire du stade, il n’y a plus d’eau, ni tous les jus inscrits sur les menus plastifiés. C’est qu’il y en a du monde aujourd’hui au Stado.


Ainsi dans les allées, déambulent des amis qui ne se sont pas vus depuis, tapent la bise lorsqu’ils se rencontrent. Quand ils ne se prennent pas dans les bras.

Et pendant ce temps-là, rares sont ceux qui en ont encore plein le dos des flocages tous plus originaux les uns que les autres. Petit défilé d'une mode.



QUI VA À LA CHASSE PERD SA PLACE

Dans les travées, c’est une tout autre histoire, peu de temps avant que la cérémonie de clôture avec Alpha Blondy qui ouvre le bal des artistes, suivit par Roselyne Layo, Serge Beynaud, Didi B, Tam Sir, on the beat, et la Team Payia, des fans ont la bonne idée de disputer.



Devant nous, dans le bloc 113, un jeune homme aux faux airs de Trevante Rhodes, accompagné de sa compagne, réclame qu’on lui restitue sa place qui est occupée par une autre personne.




Gbagbo, serviette blanche donc autour du cou, le fautif ne cède pas. Les minutes passent, les langues se délient, des tête-à-tête en veux-tu, en voilà sans qu’on sache qui paie le premier date.



Les différentes interventions des volontaires et stadiers, tantôt pacifiques, Océan, tantôt énergiques, n’y changent rien.

Finalement, le détournement d’attention pour poser les yeux sur la cérémonie d’ouverture calme les hostilités dans ces travées-là du moins. Tandis que dans d’autres blocs, des spectateurs sont assis sur les marches, des fans nigérians, ne parlant pas français, comptent sur une âme charitable pour les aider à trouver leurs places prises d’assaut par des personnes qui auraient forcé leur entrée dans le stade selon nos informations en forçant les tourniquets.



Ces nerfs tendus, Victor Osimhen et le Nigéria les ont eus aussi avant de craquer ; eux qui avaient pourtant ouvert le score à la 38ème minute de jeu par leur capitaine Troost-Ekong.

LE NIGERIA MÈNE LA CÔTE D’IVOIRE CONTRE LE COURS DE JEU

LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
In Ekong, they Troost. Tous droits réservés

Avant cette fameuse 38ème minute de jeu, d’un match disputé, la Côte d’Ivoire domine. Disposée en 4 – 1 – 4 – 1, la Séléphanto domine les débats physiquement notamment avec pour symbole le duel entre Victor Osimhen et Evan Ndicka ; qui l’a mis dans sa poche.



26ème minute de jeu. Discours, petit palabre, entre les deux joueurs évoluant dans le Calcio. Osimhen semble se plaindre d’un coup de coude qu’il aurait reçu en plein duel aérien tandis que Ndicka lui condamne avec la dernière énergie onusienne ces accusations.


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
" Tu cries sur qui ? " Tous droits réservés

S’inspirant de son joueur vedette, José Peseiro, le coach portugais des Super Eagles, reçoit un carton jaune pour l’ensemble de sa performance.

D’ailleurs, à de multiples reprises, l’homme en veste, jeans et sneakers de ville, bien aidé par son staff, passe le plus clair de son temps à pester contre l’arbitrage et ses joueurs qui sont méconnaissables et nerveux. Et pourtant, la frappe de Seko (13ème minute), le retourné de Gradel (20ème) et enfin le face-à-face de Simon Adingra n’ont pas encore fait céder la défense nigériane dirigée d’une main de fer, ce qu’il veut, par Troost-Ekong.

Sur un corner prolongé, Troost-Ekong, et ses 191 centimètres, prend le dessus sur Serge Aurier qui culmine à 1m74.

Du stade, la différence est encore plus palpable et le résultat forcément implacable. Nigeria 1 – Côte d’Ivoire 0. C’est le même qui avait inscrit le but victorieux lors de la rencontre de poule.

Les « Levez-vous, levez-vous », nouveau chant de supporter débloquer, en pleine finale, ne résonnent plus dans le stade garni. Les cerveaux des plus inquiets carburent à l’unisson.


Des supporters nigérians, eux, font péter le son, appellent leurs amis noyés dans la foule pour s’auto-congratuler.



HALLER-LÀ, LA CÔTE D’IVOIRE EST CHAMPIONNE D’AFRIQUE

Depuis la qualification obtenue via la victoire du Maroc sur la Zambie, un premier signe, puis le coup du marteau sur le Sénégal et ensuite le second miracle ivoirien face au Mali, les Ivoiriens certes savent que leur équipe a les ressources morales mais cela ne les empêche absolument de stresser surtout quand le chronomètre de M. Dahane Bedia file.

La seconde mi-temps démarre comme la seconde avait commencé : la Côte d’Ivoire attaque et le Nigeria défend plutôt bien d’ailleurs puisque Nwabali plonge bien sur la tentative de Max-Alain Gradel. Avant d’aller s’embrouiller inutilement avec Serge Aurier.


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
L'énerver; vous n'Aurier pas du. Tous droits réservés


Les deux joueurs sont avertis. Mais ça ne les empêche pas de continuer à s’invectiver. Troost-Ekong a beau tenter de calmer les nerfs de son gardien, il n’écoute pas tout de suite mais finit par se calmer.


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
Nwabali aura fini par taper poteau. Tous droits réservés

Le calme, c’est Franck Kessié qui le lui apporte à la 63ème minute de jeu.


Dépassement de fonction d’Odilon Kossounou, lui aussi impérial hier soir, qui avance, avance avant de voir sa frappe détournée en corner. Sur l’action qui suit, le corner donc, Simon Adingra, en feu lui aussi, trouve Franck Kessié. La panthère de Zebizekou, village du centre ouest de la Côte d’Ivoire, met encore une fois sa patte sur la rencontre avec une égalisation de la tête, cette fois-ci. Nigeria 1 – Côte d’Ivoire 1.



Franck Kessié court vers les supporters pour célébrer avec sa marque de fabrique, et son salut militaire ; hommage à son père décédé.



Maintenant, José Peseiro a des raisons de s’agiter dans son rectangle vert.


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
Simon Adingra a montré la voix. Tous droits réservés

80ème minute. Simon Adingra dans ses œuvres, à tel point qu'il a été élu homme du match puis meilleur jeune de la compétition, dépose Aina avant de centrer. Sébastien Haller, s’est déjà procuré des occasions pendant le match, sait qu’il ne doit pas manquer celle-ci. Alors, l’avant-centre tressé passe devant Troost-Ekong, lui grille la politesse avant de dévier le ballon d’un geste zlatanesque : une déviation en extension. Nigeria 1 – Côte d’Ivoire 2.


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS
Haller-là, c'est Sébastien qui est bon. Tous droits réservés

Ebimpé explose une première puis une seconde fois au bout d’un long temps additionnel, les 7 plus longues minutes de ta vie, l’arbitre siffle la fin de la rencontre. La Côte d’Ivoire remporte ainsi la guerre de trois, face à un Nigeria qui en a trois dans sa vitrine, et décroche ainsi sa troisième étoile.


Certains pleurent, d’autres encore s’agrippent si dangereusement à la rambarde, qu’ils créent une petite frayeur chez les autres. Plus de peur que de mal. L’agité en rouge et noir, façon NST Cophie’s a fini de réciter son alphabet musical. Avant que le DJ du Stado ne prenne le relais : Coup du marteau sur nous, Bab Lee sous les cocotiers aussi, etc.


Ça coupe, ça décale dans les travées qui sont moins encombrées, avec des spectateurs partis avant les célébrations que des politiciens se sont un peu trop accaparé. Personne par contre ne « vole » la célébration des joueurs, des champions d’Afrique ivoirien qui font le tour du stade.


Et pendant ce temps-là, Kader Keïta lui porte en triomphe Emerse Faé.





Si on t’avait dit après la déculottée prise face à la Guinée équatoriale, avec cet Emilio Nsué, récompensé par son titre de meilleur buteur, avec un compteur bloqué à 5 buts, après l’élimination de son équipe nationale, que c’est lui, Emerse Faé, l’homme qui a du arrêter sa carrière à 28 ans pour cause de phlébite, tu aurais : « Tu mens, c’est faux !  »


Si on t’avait dit que la Côte d’Ivoire, défaite, tapie dans l’ombre mais qui a quand même offert son hospitalité à toutes ces équipes, dont la plupart des ressortissants vivent ici, aurait remporté la CAN 2023, tu aurais dit : « Tu mens, c’est faux ! »


Si on t'avait dit que le public ivoirien a scandé le nom de Victor Osimhen après l'avoir chahuté pendant le match, alors qu'il attendait sagement la remise du trophée, tu aurais dit : « Tu mens, c’est faux ! »


LA CÔTE D’IVOIRE REMPORTE SA GUERRE DE TROIS

Tu aurais redit la même chose si quelqu’un d’autre t’avait : « Pour avoir nourriture aussi, c’est comme ticket. »



bottom of page