- Dozilet Kpolo

- 21 janv.
- 3 min de lecture
« Tu ne me connais pas hein mais je salue ton papa. », balancent à la figure imberbe des tontons hâbleurs - dans un supermarché où la rencontre a eu lieu, avant de disparaître en une fraction de secondes.
Ou comment vivre « dans l’ombre » de son père.
Dimanche, pendant que le Sénégal battait le Maroc au terme d’un match Netflix-esque, Shaqueel Van Persie, un jeune homme d’à peine 19 ans est sorti de la plus belle manière de l’immense ombre de son père, un certain Robin Van Persie.
Attaquant funambule au toucher de balle soyeux avec cette arrogance qui suintait de son corps. L’espace d’un instant, le fils a fait oublier son équilibriste de pater. Au nom du père, du fils et du Van Persie.

DANS LA FAMILLE VAN PERSIE, JE DEMANDE SHAQUEEL
Jordi Cruyff, fils de feu le génie Johan Cruyff, Justin Kluivert, seul de la fratrie à tirer son épingle ou plutôt son ombre du jeu, mais aussi Daley Blind, etc. Tous ont souffert d’une manière ou d’une autre pour suivre les traces de leur géniteur. Chose naturellement difficile à faire naturellement, marcher dans les pas paternels l’est encore plus quand il s’agit de ceux d’un footballeur.
Ce n’est pas non plus le fils de George Weah, Timothy, honnête joueur évoluant à Marseille - comme le père dans le temps, après un passage inoubliable à Paris. Ni Luca Zidane, gardien titulaire des Fennecs d’Algérie auxquels le Nigéria a donné une leçon d'athlétisme et de football.
Shaqueel Van Persie, lui, a décidé qu’il allait faire mentir l’adage, faire exception à la règle.
À ROTTERDAM, SHAQUEEL ATTERRIT À BON PORT

En attendant d’entraîner un jour la sélection néerlandaise, Robin Van Persie s’occupe déjà du Feyenoord Rotterdam ; club dans lequel il a commencé puis terminé sa carrière. Il y a maintenant sept longues années. Les années justement elles passent, et avec la vieillesse qui jette son dévolu sur articulations et/ou joues de couleur poivre et sel. Les siennes de Van Persie, elles, ont rougi quand il a vu son buteur de fils s’illustrer face au Sparta Rotterdam (3 - 4) à domicile.
Entré à la 62ème minute de jeu à la place du danois Casper Tangstedt, Shaqueel Van Persie va s’illustrer.
SHAQUEEL : AU NOM DU PÈRE, DU FILS ET DU VAN PERSIE
87ème. Centre de Quinten Timber, le nouvel entrant réalise une Madjer (2-3).
Une minute plus tard à peine, la cerise sur le gâteau, le cube maggi sur le garba dominical, un ciseau retourné qui empeste les gènes paternels tant dans la prise de décision et l’exécution et surtout dans la gestuelle. Une combinaison suave de nonchalance et d’élégance. (3-3)
Depuis le banc, Robin Van Persie passe par toutes les émotions : celles d’un coach puis d’un papa et de nouveau coach ; après avoir vu ces premiers buts en carrière professionnelle.
Malheureusement, le milieu norvégien Joshua Kitolano casse l’ambiance en offrant la victoire au Sparta Rotterdam (3-4). Qu’importe puisque : la messe, Shaqueel l’a dite sans avoir entendu « Tu ne me connais pas hein mais je salue ton papa. » Au nom du père, du fils et du Van Persie.
